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Les Pouilles à vélo : notre itinéraire de 9 jours entre Matera et Lecce

Le Vélo voyageur

En octobre dernier, j’ai eu la chance de repartir pédaler en Italie, au cœur d’une région qui nous tient particulièrement à cœur : les Pouilles. Bien qu’on y propose des séjours depuis de nombreuses années, notre dernier repérage datait de 2018. Il était donc temps de mettre à jour nos itinéraires, d’enrichir nos parcours et, pourquoi pas, de dénicher quelques pépites supplémentaires à proposer à nos cyclovoyageurs.

Comme toujours lors de ce type de mission, l’objectif n’était pas uniquement de vérifier les routes : j’en ai aussi profité pour visiter les hébergements de nos étapes et échanger avec nos partenaires locaux, qui contribuent largement à la qualité de nos séjours.

Me voilà donc partie pour 9 jours de voyage, dont 7 jours de vélo en solo, à travers certains des plus beaux paysages d’Italie. Une immersion complète entre villages blancs, oliviers centenaires et air marin.

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Vélo dans le nord des Pouilles : trulli, villages blancs et patrimoine UNESCO

Depuis Montpellier, après un train jusqu’à Paris puis un vol pour Bari, me voilà enfin arrivée dans les Pouilles… sous la pluie. Mon voyage démarre à Matera, une ville qui, même de nuit et sous l’averse, ne laisse pas insensible.

Toute blanche, sculptée dans la pierre et suspendue à flanc de falaise, Matera possède une atmosphère unique. Ses ruelles pavées, ses escaliers abrupts et surtout ses quartiers troglodytes – les fameux Sassi, perchés sur deux monts rocheux – lui donnent un charme incomparable.

Je n’ai malheureusement eu qu’une soirée pour m’y perdre avant de reprendre la route le lendemain matin. Si Matera est splendide, elle n’est pas forcément la plus adaptée pour les cyclistes. J’ai donc choisi de débuter réellement mon itinéraire à Gioia del Colle, situé à une quarantaine de kilomètres. C’est là que j’ai récupéré mon vélo, pris le temps de le régler puis envoyé une petite photo au reste de l’équipe pour marquer mon départ !

La première étape, relativement douce en termes de dénivelé, longe petites routes de campagne et champs d’oliviers jusqu’à Alberobello. Et plus j’avançais, plus je voyais apparaître l’un des symboles les plus typiques des Pouilles : les trulli.

Alberobello en est la capitale. Le centre historique, classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO, en compte plus d’une centaine. Voir toutes ces maisons en pierre sèche, blanches, avec leurs toits coniques… laisse forcément en admiration. Une tradition architecturale millénaire qui promet un séjour riche à travers les Pouilles.

itinéraire de vélo à Ostuni

Toute cette première partie du voyage traverse des villages et centres historiques absolument magnifiques. La deuxième étape, en direction d’Ostuni, en est un parfait exemple. J’ai eu le plaisir de m’arrêter boire un cappuccino à Locorotondo, avec ses ruelles immaculées et son linge suspendu aux balcons – une carte postale italienne. Plus loin, j’ai flâné dans les rues de Martina Franca avant de reprendre la route.

Ce qui m’a étonnée, c’est de croiser autant de voyageurs à vélo dans ces villages tout en ne voyant presque personne sur les routes. Il faut dire que les itinéraires que nous empruntons sont plutôt tranquilles, souvent des chemins de campagne serpentant entre oliviers et vignes. Néanmoins, les côtes pour atteindre ces villages sont parfois un peu exigeantes, mais avec de bonnes jambes et un peu de volonté, on y arrive.

Avant de quitter le nord des Pouilles pour rejoindre le Salento, plus au sud, je termine ma journée autour d’un excellent dîner avec nos partenaires italiens. Après des années d’échanges par mail, téléphone ou visio, c’était un vrai plaisir de pouvoir enfin se rencontrer en vrai. Ils m’ont fait découvrir plusieurs spécialités locales, notamment une succession d’antipasti typiques : Burrata di Andria, moules farcies au parmesan, Melanzane sott’olio… bref, un régal.

Le Salento à vélo : mer turquoise, villages fortifiés et ambiance méditerranéenne

Le lendemain matin, je charge mon vélo et file prendre un train pour Lecce. Bonne surprise : dans les Pouilles, les trains régionaux acceptent les vélos gratuitement. Les gares sont même équipées de rampes pour accéder d’un quai à l’autre. Seule, ce n’est pas toujours évident à manœuvrer, mais on finit par s’en sortir sans trop de difficulté !

Depuis Lecce, je reprends les petites routes italiennes paisibles en direction de Gallipoli, sur la côte ionienne. C’est seulement en approchant de la ville que j’aperçois enfin la mer. À partir de là, les paysages changent complètement : atmosphère différente, air marin plus présent, et toujours un magnifique panorama.

À Gallipoli, je suis accueillie par Alberto, propriétaire d’une charmante chambre d’hôtes au cœur du centre historique. Le petit-déjeuner y est servi sur le toit-terrasse : vue sur les toits blancs d’un côté, sur l’immensité bleue de l’autre. Parfait pour prendre des forces avant de continuer ce voyage.

Selon moi, la plus belle étape de ce voyage à vélo (et pourtant l’une des plus vallonnées) est celle entre Otranto et Lecce. La route serpente à travers des paysages incroyables : vallées ouvertes, terrains presque arides donnant parfois l’impression de traverser un désert avant de déboucher, quelques kilomètres plus loin, directement sur la mer.

Leuca est une station balnéaire animée, avec ses restaurants en bord de plage et sa promenade principale qui évoque un peu la Promenade des Anglais. Otranto, quant à elle, est une ville plus vivante, avec un centre historique charmant et des ruelles qui rappellent les villages du nord des Pouilles. Depuis son port de plaisance, j’observe le large : l’Albanie n’est vraiment pas loin.

J’ai eu de la chance : un soleil radieux toute la semaine. Seul bémol : un vent assez fort, un peu frustrant alors que je pédalais le long de la côte adriatique. Mais la dernière étape compense largement. L’itinéraire passe par Torre dell’Orso, célèbre pour ses falaises plongeant dans une eau turquoise. Impossible de résister : j’ai trouvé une petite crique, abritée du vent, avec une eau translucide… je ne me suis pas privée d’une baignade improvisée. Petit conseil : gardez toujours votre maillot de bain dans la sacoche !

vue sur la ville de castro dans les pouilles

Après avoir séché au soleil, j’ai repris la route vers Lecce. Là encore, l’itinéraire emprunte principalement des routes très calmes. Je traverse même Acaya, un village fortifié presque désert ce jour-là, ce qui contraste fortement avec l’arrivée à Lecce et son ambiance citadine. Les pistes cyclables réapparaissent, rassurantes au milieu du trafic.

Lecce est une étape incontournable : son architecture baroque, ses cathédrales et ses ruines romaines en plein centre sont absolument superbes. La ville constitue une fin parfaite à ce voyage à vélo dans les Pouilles.

Pourquoi faire ce voyage à vélo dans les Pouilles ?

En résumé, vous l’aurez compris : ce séjour a été un véritable coup de cœur. J’aurais pu vous parler des innombrables spécialités italiennes dégustées en route – les plats de pâtes, la charcuterie locale, les pâtisseries à la pistache… – mais j’ai préféré me concentrer sur l’essentiel : les routes, les rencontres et ces villes qui font tout le charme des Pouilles.

Ce voyage a également permis de mettre à jour certains itinéraires et de s’assurer que les hébergements restent à la hauteur de vos attentes (spoiler : pas d’inquiétude à avoir). Comme toute expérience vivante, un séjour à vélo doit être amélioré en continu pour vous offrir la meilleure aventure possible.

C’est bien l’ensemble – paysages, saveurs et ambiance – qui fait de ce voyage une expérience unique, à découvrir absolument.

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